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dimanche 8 août 2010

bana ok à kinshasa


pepe ndombe et les bana ok de lutumba simaro

mardi 1 juin 2010

Le manque récurrent de ponctualité chez les congolais

D'entrée de jeu, soulignons le principe que le manque de ponctualité n'est pas une spécificité congolaise. On décèle ce fléau chez l'africain en particulier et chez les gens des pays sous-développés en général.

LE RETARD CHEZ LE CONGOLAIS A UN FONDEMENT CULTUREL

Les congolais ont tendance à banaliser le retard et à considérer ceux qui le sanctionnent comme des intransigeants à la solde d'une culture aliénée. Si Mobutu n'était pas un légendaire retardataire, Laurent-Désiré Kabila a quant à lui eu quelques soucis de ponctualité. Certains racontent que si Kabila le père n'a pu avoir une photo d'accueil officiel sur le perron du palais royal avec le Roi Albert de Belgique, c'est parce qu'il s'est pointé avec plusieurs minutes de retard, alors que le Roi ne pouvait rester debout plus d'un quart d'heure à attendre en hiver. M'zee Laurent-D. K.mérite quelques excuses: il mettait sa sécurité avant le respect du protocole. Son assassinat en janvier 2001 lui a donné raison sur ce point.
Si le retard chez les congolais est culturel,parce qu'il ronge au premier chef la classe sociale la plus influente de la société congolaise :les musiciens au top du hit parade, suivis des politiciens et des enseignants en troisième lieu.Les plus ponctuels d'entre eux restent les créanciers. Ils ont la réputation de faire plus que les occidentaux eux-mêmes, champions de la ponctualité. Les créanciers congolais se pointent plus qu'à l'heure. Ils n'ont pas tort d'exagérer : les stratèges enseignent que celui qui se pointe le premier a la maîtrise du terrain.
Si le retard est donc culturel chez le congolais dans sa manifestation, dans la voie qu'elle emprunte pour devenir une pratique continue( élément matériel), considérée par tous les congolais comme une règle sociale obligatoire(élément psychologique),-ce sont les deux conditions de définition de la coutume par les tribunaux-, le retard est dans le fonds, économique.
Car il existe un lien économique entre la ponctualité et le retard. En principe, le plus ponctuel est celui qui a le plus intérêt au rendez-vous. Les fonctionnaires congolais sont moins ponctuels parce qu'ils ne sont pas payés normalement. Tata ya Lupangu, le propriétaire de logement, vient toujours au rendez-vous à l'heure H parce qu'il a intérêt à percevoir le loyer le premier avant que le locataire ne dépense ses maigres revenus.
Quant aux occidentaux, ils ont une ponctualité légendaire parce que le travail en Occident est rémunéré à l'heure, sinon à la minute. Alors que les congolais sont en général rémunérés au prorata assez faible par rapport à la durée du temps de travail: il en est ainsi des domestiques, des fonctionnaires et même des politiciens ou cadres supérieurs.
IL EXISTE DANS CHAQUE SOCIÉTÉ UN LIEN DE CAUSALITÉ ENTRE LE RESPECT SCRUPULEUX DES HORAIRES PROFESSIONNELS ET LA CULTURE DE PONCTUALITÉ.
A partir du moment où le patron a une durée limitée juridiquement pour profiter de sa main d'œuvre,il exigera d'emblée le respect scrupuleux des horaires. Il en résulte sur le plan culturel un effet social général qui lie le respect de l'horaire du boulot de chacun à celui du rendez-vous de la vie privée. D'où la pertinence politique et culturelle de limiter le temps de travail dans nos codes de la fonction publique et du travail. Or, il est regrettable que le temps tarde à devenir un élément de la valeur économique tout acte et toute entreprise chez le congolais et chez l'africain en général. Un officier des Forces Armées Zaïroises m' a raconté comment le retard de plusieurs heures dans les livraisons de munitions a laissé l'ennemi rwandais attaquer nos positions en premier, anéantissant tous les avantages de l'effet surprise et entraînant des pertes énormes d'effectifs. Or l'attaque de l'ennemi aux environs de Kindu devraient selon le plan de l'état-major, avoir lieu très tôt avant le lever du soleil, alors que le ravitaillement n'était pas encore là avant 7h00.
La limitation scrupuleuse du temps de travail dans les lois congolaises permettra une valorisation de la valeur économique temps en créant chez les opérateurs économiques la rareté du temps. Tant que nos lois, nos cadres dirigeants n'intégreront jamais le temps dans ce que les économistes appellent le coût d'opportunités( c'est la valeur à laquelle on renonce en respectant un rendez-vous),il faut désespérer de gagner toutes les batailles économique,culturelle et même militaire; Concrètement la limitation stricte du temps de travail dans nos lois permettra une valorisation économique et une promotion culturelle au faveur temps en créant chez les opérateurs économiques la rareté. Or, même s'il faut se méfier des adages populaires."ce qui est rare est cher".
Alors, chers compatriotes, vous me demandez la ponctualité ? C'est rare dans mon pays. je vais vous facturer très cher.

MOKE SILUBWE BONA

jeudi 15 avril 2010

Hommage aux enfants congolais qui réussissent leurs vies

(sur une idée de Baudouin Basenga)
Pour ne pas donner lieu à des interprétations erronées ou polémistes, nous disons tout de suite qu'ils sont nombreux, sûrement pas assez, mais en tout les cas pas tous répertoriés.Que ceux qui s'y reconnaissent dans un sens comme dans l'autre, se sentent directement concernés.
Qu'est-ce que c'est que réussir sa vie déjà ? Chacun a le droit d'y donner sa définition. Seulement, nous vivons dans une société qui a dicté ses critères pour donner un sens à ce mot. Réussir sa vie, pour beaucoup, c'est être riche: avoir une maison, un compte en banque, une voiture et beaucoup d'autres biens. Du matériel quoi...de l'argent. Est-ce que réussir sa vie, c'est être heureux... c'est tout ça pour finir. Mais est-ce que l'argent fait le bonheur? Non, il y contribue. De nombreux penseurs ont déjà eu à réfléchir sur ce sujet. Il vaut mieux je crois ne pas en aborder l'aspect strictement philosophique.
Redescendons sur terre pour voir les choses plus simplement. Un grand penseur, forcément,a défini une belle vie, une vie réussie, comme étant une pensée de la jeunesse réalisée dans l'âge mur. Qui, enfant, n' a pas rêvé d'être pilote d'avion,à l'âge adulte, médecin ou avocat? Nous tous.Ces choix étaient dictés par l'aspect social et donc le standing que confèrent ces professions. Pour donner un sens à notre article, nous allons donner notre définition d'une vie réussie.
Une vie réussie, c'est avoir un travail digne de ce nom, qui permette à l'individu de subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille. C'est là que les nuances apparaissent. On est nombreux à avoir une vie qui n'est pas à plaindre, mais ils sont encore plus nombreux en France, à ne pas avoir de soucis pour payer leur loyer ou s'offrir des loisirs sans compter. Ceux là ont réussi leur vie: ils ont fait des études, ont décroché des diplômes; ils ont retrouvé du travail et touchent un bon salaire. Tout ce que je suis en train d'affirmer peut être sujet à débat. Comme le dit Jean-Luc Delarue, ça se discute.
Mais en clair notre propos parle de quoi.De l'immigré,diplômé ou pas, qui est parti de son pays d'origine pour s'expatrier en France.(Puisque nous sommes en France). Diplômé ou pas, comme on le dit en jargon de kinois(natif de Kinshasa), le travailleur qui est venu broyer du caillou. Casser le rocher.Ce qui est très dur; et c'est comme ça que l'on représente les petits boulots, les travaux difficiles et surtout mal payés qui sont réservés aux immigrés. Parce qu'au fait, ils sont le plus souvent, sans qualification. Les enfants qui naissent ici par contre ont eux toutes les chances pour faire de bonnes études et d'occuper des postes valorisants au contraire de leurs parents.
Oui,il y a encore des efforts à faire au niveau de l'intégration, par rapport aux postes qui sont refusés parce que le postulant est de couleur.Le gouvernement va opter pour des c.v sans nom ni photo pour lutter contre tout ça.Si ce n'est déjà fait.
Malgré tout, il y en a pas mal aussi qui ont réussi à tirer leur épingle du jeu, et qui sont en train de poursuivre de bonnes études ou qui occupent simplement de bons postes en France. Nous ne les citerons pas tous évidemment, mais vous comprendrez que honneur soit rendu à Rolande Basenga, dont le papa est si fier. Rolande donc, est infirmière graduée, diplômée des Hautes Écoles d'infirmières de Tournai, en Belgique.Elle poursuit actuellement des cours de spécialisation en pédiatrie à l'Université Catholique de Louvain. Tous les espoirs sont permis, avec une telle qualification, pour qu'elle puisse retrouver un bon travail et donc un bel avenir. Bijoux Mayala est aussi diplômée des Écoles d'infirmières de Tournai. Elle travaille actuellement à Paris et doit bien gagner sa vie.
Que dire de Doris Seck, née Doris Longhomo, qui a réussi ses études de Sciences Appliquées, et l'Ecole des Banques, et qui travaille comme conseillère financière dans une grande banque française.Madeleine MADI madame Carmello travaille elle aussi pour un grand organisme financier, spécialisé dans les prêts. Ils sont nombreux comme ça à faire la fierté de leurs parents. Ainsi, on sait que dans la famille Bakis Yalongo, Ray N'sikulu et autre Marcelline Manuaku, la liste n'est pas exhaustive, des enfants ont atteint le niveau universitaire. Chez les Mangalaboy, ils sont médecins de père en fils; et Sylvie Grouselle est contrôleuse d'impôts.
Le parcours scolaire n'étant pas la seule voie qui mène au succès, nous osons croire que d'autres disciplines pourront être explorées et exploitées par nos enfants afin de les amener à la réussite. Nous souhaitons beaucoup de chances à Gael Kakuta, qui est aux Sports Études à l'école de formation de foot de Lens pour briller un jour comme Zinedine Zidane. Pourquoi pas la fille de Papa Wemba qui a interprété avec beaucoup de talent"je veux chanter pour ceux qui sont loin de chez eux", pour être un jour notre Céline Dion.
La vie nous apprend que le destin d'un homme est finalement entre les mains du Tout Puissant. Mais ce Dieu qui fait tout et donne tout, nous dit ceci dans le livre des Proverbes 1,8 :" écoute mon fils, l'instruction de ton père et ne rejette pas l'enseignement de ta mère; car c'est une couronne de grâce pour ta tête et une parure à ton cou". En même temps que nous demanderons aux enfants d'obéir à leurs parents, de la même façon, nous demanderons aux parents de prendre leurs responsabilités. Car l'éducation de base, cette éducation qui est déterminante pour l'avenir s'acquiert dans la structure familiale. Chers enfants, ayez de l'émulation, ne vous gênez pas pour prendre exemple sur un proche qui marche bien. Vous serez les premiers à en profiter.

jeudi 25 mars 2010

En avant la République Démocratique du Congo

Puisque nous ne sommes qu'au début de notre mission. Celle qui dicte la ligne de conduite de notre journal. Celle qui définit les objectifs que nous nous sommes fixés, nous continuons de titrer en ces termes nos éditoriaux. Nous travaillons pour amener notre population à changer de mentalité en vue du développement de notre pays. La situation est trop grave pour que l'on ne s'y penche pas. Nous ne parlons pas assez de la misère qui sévit au pays. Nous ne chantons, ni n'écrivons pas assez sur cet état de choses.Les autres pays-il suffit d'écouter les œuvres musicales des pays d'Amérique latine comme le Mexique ou le Brésil des favelas- le font très bien bien. Artistes, musiciens et intellectuels chantent leur malheur; pas seulement pour l'exorciser mais pour déjà en prendre conscience.
Vous aurez l'impression que je me répète; non. Un compatriote m'a clairement dit que je prêchais dans le désert. Ce n'est pas négligeable. Cela veut dire qu'il y a encore du pain sur la planche. La répétition est la mère de la science. Je vous invite chers amis lecteurs pour ce troisième numéro du R.D.C News, à avoir une pensée, pendant une minute seulement, pour tous ceux qui ,en République Démocratique du Congo, n'ont pas eu à manger.
La philosophie du RDC News est à l'image de "sosola sosola" que Siatula animait si bien, ou encore de la chanson de Koffi Olomidé, "affaire d'Etat". Je ne sais pas si tout le monde en comprend le message!

mardi 9 mars 2010

CELEBRITES-NON MOINS CELEBRES-les MABANGAS

AUX CONTOURS DU SHOW-bizz, les mabangas...A bâtons rompus avec JULES MASUA

A un moment où toute la France, c'est sûr, voire le monde entier, suit les péripéties de ce qui est devenu le "procès papa WEMBA",ce dernier est venu se produire dans la banlieue lilloise; à RONCHIN. Une production signée Olivier Doumou. C'est là que nous avons rencontré JULES MASUA qui fait partie de l'entourage proche de PAPA WEMBA. Nous l'avons interviewé. C'était à l'hôtel Mercure de Lesquin, ce dimanche 31 octobre 2004.
Rdcnews : Jules Masua, vous qui avez été immortalisé dans plusieurs chansons mais avec beaucoup de succès dans l'album FOR Idoles. Vous faites partie des amis inconditionnels de papa Wemba. Comment vivez-vous ces moments difficiles qu'il traverse et qu'est-ce que vous faites pour le soutenir ?
jULES Masua : La seule façon pour nous de le soutenir c'est d'abord d'être là avec lui. On reconnaît ses vrais amis dans la douleur. Nous ne l'abandonnons pas.Nous discutons beaucoup. Nous sommes toujours là. Depuis son arrestation, les différents procès, nous le suivons. Nous laissons notre travail de côté pour le suivre dans les tribunaux et j'en passe.
RDCNEWSnews : Si vous êtes là aujourd'hui, c'est pour le concert de Ronchin. Quelles sont vos impressions au lendemain de cet événement. On pouvait lire sur les affiches "concert événement?
Jules MASUA: Artistiquement parlant, il n'y a rien à dire. Le groupe a assuré. Par contre, on n'a pas vu le monde que l'on pouvait espérer.Il y a tellement de juges -les juges de rue ou de passage, comme vous voulez dans notre communauté-, qui ont déjà condamné papa Wemba. Le procureur a requis cinq ans de prison et une forte amende. A ma connaissance la sentence n'est pas encore tombée. C'est comme ça que tout le monde l'a cru en prison, alors qu'il n'en est rien
Rdcnews: Vous ne vivez pas cela comme une injustice quelque part, on dirait un acharnement sur sa personne?
JULES MASUA : Non, si les choses ont pris ces proportions là, ce n'est pas un hasard. C'est bien parce qu'il s'agit de lui.
RDCNEWS / jULES M., j'ai envie de vous poser une question que j'aurai voulu réserver à l'intéressé même, à savoir papa Wemba. Que penserait-il de mon idée de faire appel à un genre de collecte de fonds pour payer sa prison, cela bien sûr au cas où les choses prendraient la tournure la plus délicate, d'amendes substantielles ?Il nous a tous fait vibrer!
JULES MASUA: Moi personnellement je trouve que c'est une bonne idée mais il faut voir avec lui.
Le voilà d'ailleurs qui vient d'arriver...

MATOU SAMUEL : Musicien Chrétien

A cœur ouvert avec Matou Samuel. Nous avons rencontré ce dernier à la Plaine St-Denis, lors d'une célébration  événementielle.Une dizaine de mariage était en effet au programme, comme sait si bien le faire mama OLANGI.C'était au complexe LSC à Paris. Il a daigné nous accorder une petite interview dont voici les extraits.
RDCNEWS:Comment vous définissez-vous dans cette pléthore de serviteurs de Dieu où l'on ne distingue plus très bien les pasteurs des évangélistes ,en passant par les prédicateurs ,les prophètes, les docteurs, les bishops et les autres? Vous êtes, vous , plutôt serviteur de Dieu .
Matou Samuel: Je ne suis pas pasteur, ni évangéliste, encore moins Bishop ou prophète. Je me définis comme un musicien chrétien.
Rdcnews : C'est-à -dire ? Est-ce là un moyen de vous démarquer des pasteurs déclarés, dont on attend légitimement qu'ils servent d'exemples?
Matou Samuel : Musicien chrétien veut dire simplement que je suis un musicien, mais dans la catégorie des chansons religieuses, chrétiennes.
Rdcnews : Parce que cela se vend bien : question d'actualité. C'est comme ça que tout le monde s'est mis à faire de la musique chrétienne !
Matou Samuel: Peut-être. Ou justement. Vous pouvez remarquer aussi que tout le monde ne vend pas ses chansons; religieuses soient-elles. Moi je suis fier de figurer parmi ceux qui vendent. Et c'est par la grâce de Dieu. La même grâce qui fait qu'aujourd'hui je puisse voyager en Europe, sans débourser un sous. Sinon pour revenir à l'attribut qui me conviendrait, ce serait plutôt évangéliste. Car à travers les messages diffusés dans mes chansons les gens se convertissent.
RDCNEWS: Auriez-vous un conseil à donner aux autres serviteurs de Dieu?
matou Samuel: Je voudrais simplement leur demander de prendre le travail de DIEU au sérieux. A cause des brebis galeuses au sein des serviteurs de Dieu, la Bible est aujourd'hui critiquée, dénigrée.C'est grave! Mais comment en vouloir à ceux qui critiquent. Ils disent ce qu'ils voient. Même si au Congo Démocratique nous vivons réellement le temps de grâce.Pour preuve, le renversement de Mobutu. Sans effusion de sang.Pareil pour la mort de M'zee Kabila. Le sang du peuple congolais est aujourd'hui préservé. Pour moi, c'est la main de Dieu qui agit et empêche que des vies innocentes soient sacrifiées inutilement.

dimanche 28 février 2010

L'ARMEE... Retour à la case...caserne

HARO SUR LE TERRORISME DES MILITAIRES AUPRÈS DES POPULATIONS CIVILES

Ça, on le sait: les Belges n'envisageaient pas de quitter la République Démocratique du Congo. En tout cas, pas en date du 30 juin 1960, année de l'indépendance de cette dernière,comme cela est arrivé. Est-ce la raison pour laquelle, à cette époque, on ne trouvait pas d'élites militaires nationales ? sûrement.Ou peut-être.
Toujours est-il que, quand le pays se fut trouvé en situation de disposer d'une armée à lui,il n' y avait personne pour la diriger. C'est alors,savons-nous encore aujourd'hui, que Mobutu fut désigné pour cette délicate mission. Il n'avait aucune formation militaire, dixit son conseiller, le colonel belge Maillants. Mais pourquoi lui? Parce que, je continue de citer le colonel belge, il était sportif et courageux.
On peut donc comprendre que le feu vert des occidentaux, l'éclairant, il se crut tout permis. Il avait l'autorité que confère le pouvoir. Voilà, le mot qui nous intéresse, l'autorité.Car dans notre mentalité,militaire voudra dire autorité. Autorité répressive. Chez les militaires dans nos pays du tiers-monde, c'est la violence qui est la méthode d'action de référence. Méthode malheureusement qu'ils n'emploient que lorsqu'ils se trouvent en face de la population civile, donc désarmée. Quand je dis notre mentalité, il s'agit bien de nous tous; les civils aussi bien que les militaires. On peut dès lors se poser la question de savoir, de quand date cette façon de voir les choses. Sont-ce les colonisateurs qui nous ont inculqué cela pour se faire respecter ou cela est-elle simplement une vieille tradition kongolaise* qui veut que les ordres du chef ne se discutent pas ? C'est une affirmation gratuite qui n'aurait pas dû tomber dans les oreilles de nos dirigeants. Toutes époques confondues. La notion d'autorité ne sera plus que jamais confondue avec le mot dictature.
Nous avons évoqué l'expression"changer de mentalité"dans notre éditorial.Deux parties se trouvent confrontées dans cette démarche. D'un côté, l'armée qui ne doit plus être là pour terroriser la population. D'autre part, cette population qui n'a pas à avoir peur de l'armée. Le peuple n'a pas de compte à rendre à l'armée. Au contraire.Cette institution a pour mission de le protéger, de le sécuriser en défendant notamment l'intégrité de son territoire.
Dans l'histoire de notre pays malheureusement, l'armée n'a jamais été à la hauteur de sa mission.Elle n'a jamais assumé son rôle. Lors des différentes invasions du Katanga, il a fallu à chaque fois l'intervention des militaires étrangers, français, marocains, voire tchadiens. En d'autres occasions, c'était le recours aux mercenaires. Et nous, adolescents à l'époque, applaudissions!
Tout récemment encore, les rwandais et les ougandais ont traversé le pays comme un courrier dans la boîte aux lettres. c'était l'époque de l'armée de Mobutu. Les militaires n'étaient alors que des commerçants, hommes d'affaires aux gros ventres qui passaient leur temps dans les loisirs avec de multiples femmes. Pourtant, les chefs militaires se sont faits élevés aux grades de maréchal, général de division et de général de ...généralité. On les voyait pleurer quand il s'agissait d'aller au front. Évoquant des raisons de responsabilité de famille et j'en passe. Une armée qui n'existait que de nom. Sinon pour exercer des exactions et divers sévices auprès des pauvres gens. Un général était particulièrement redouté, le général B...Vous pensez bien qu'il n'était redouté que des civils, qu'il faisait "enlever"pour rien. Il n'a pas été là devant J.K,chef d'état-major rwandais.L'humiliation!
Nous sommes trop nombreux en effet au Congo, à avoir subi, chacun dans son cas,des maltraitances des militaires. Même si c'est vrai, Mobutu ne pouvait pas toujours être au courant.Combien de fois, en effet,n'avons-nous pas entendu une certaine catégorie de citoyens, membres de la famille des dirigeants, menacer une autre catégorie, qui n'avait pas de parents militaires gradés d'enlèvements ou d'assassinats ?
Les plus hauts gradés de l'armée se sont rabaissés jusqu'à assurer la protection rapprochée des parents ou amis qui revenaient de l'Europe.! Il fallait bien qu'ils vivent.Les caisses de l'État étaient depuis vides.Les poches de la population aussi. Ils n'étaient plus payés. Ils n'ont jamais été bien payés d'ailleurs. Mais ils ont toujours eu beaucoup d'argent : les richesses du pays n'étaient pas partagées. Ils se sont enrichis par la terreur et surtout les détournements et les passe-droits..
Les militaires n'ont pas à régler les litiges entre citoyens, par l'intimidation. C'est le travail de la justice. Ce n'est pas parce que l'on est parent d'un militaire haut placé, qu'il faut se sentir intouchable. le style de menace du genre"t'as affaire à moi, parent de tel ou tel autre, tu vas disparaître", C'est bon. On n'en veut plus.C'est ridicule.
On peut écrire un livre, de milliers de pages sur ce sujet. Les congolais savent très bien de quoi nous parlons. Nous voulons simplement que des civils n'aient plus à subir des atrocités des militaires. Même pendant la guerre, les êtres humains ont des droits. Donc les militaires, qu'ils aillent sortir leurs griffes au front ou qu'ils aident l'État à nettoyer les rivières ou les caniveaux. Qu'ils entretiennent les routes...Bien sûr que je ne limite pas le rôle des militaires à cela. Qu'ils restent dans les casernes. qu'ils s'entraînent; qu'ils demandent au gouvernement les moyens et la logistique nécessaires. Que l'armée redevienne une institution respectable. Qu'ils se préparent à la guerre .Si tu veux la paix, prépare la guerre SI VIS PACEM PARA BELLUM, pas aux pillages organisés, sinon provoqués. Qu'ils rangent leurs matraques et ne s'en servent plus pour taper sur des civils. Ni contre leurs propres frères lors des guerres civiles. C'est nul. Les militaires contre les militaires. jamais contre les civiles.
Cela doit cesser. On n'a jamais vu ça dans les démocraties! Des dispersions des manifestations en tirant dans la foule, on n'en veut plus. Ceci fait désormais partie du passé.Mais nous nous devons de l'évoquer pour voir l'avenir autrement. Pour faire éviter aux prochains gouvernements les mêmes erreurs. L'armée de nos alliés ne sera jamais l'armée congolaise. Même si nous apprécions et remercions nos amis angolais,namibiens et zimbabwéens. Ils ont fait un choix difficile et courageux. Bravo! On ne le dira jamais assez.Bravo aussi au général Mbuza Mabe, qui aux dernières nouvelles est revenu aux affaires(l'armée au Kivu) avec beaucoup de panache ,de cran et de mérite.
*kongolaise: origine pensons-nous du nom Congo. La République Démocratique du Congo, c'est l'ancien royaume du Kongo.

Ndlr: Cet article a été publié dans le Rdcnews de la fin novembre 2004. Je parlais alors de l'armée congolaise, surtout ,des années 1990 où les militaires étaient devenus des vrais people, quand ils n'étaient pas en train de faire la loi dans tous les secteurs de la vie des congolais. C'était pour que chacun, selon qu'il est militaire ou civil sache son rôle dans la société. L'armée a cependant tout de même connu de grands noms à l'instar de Mbuza Mabe, aujourd'hui décédé(paix à son âme), qui étaient voués au service de la nation. Elle reste une institution où il y a beaucoup à faire. Nous nous contenterons aujourd'hui de conseiller à nos soldats, à tous les soldats dans le monde où cela se passe encore, d'éviter de violer les femmes. Qu'ils se souviennent que ces femmes sont nos mamans, nos sœurs et nos enfants.

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